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Scott Frank et Allan Scott

Le Jeu de la dame - The Queen’s Gambit


>> Marion Hallet / lundi 22 février 2021

Le génie solitaire, fantasme masculin déplacé sur une femme


The Queen’s Gambit s’est récemment distinguée dans le paysage sériel [1] en associant des stéréotypes traditionnellement masculins à un prodige féminin des échecs, Beth Harmon (interprétée par Anya Taylor-Joy).

Comme c’est souvent le cas dans la culture populaire contemporaine, la série propose une version féminine d’un mythe romantique du génie (masculin) solitaire issu de la culture européenne du XIXe siècle, combinée avec le mythe américain plus récent du super-héros issu des comics. Comme le mythe du génie solitaire est associé dans l’imaginaire collectif à l’homme blanc (les incarnations cinématographiques de super-héroïnes sont récentes et se comptent encore sur les doigts d’une main), appliquer ses caractéristiques à un personnage féminin peut paraître stimulant, voire radical, mais cette féminisation terme à terme pose un certain nombre de problèmes. En effet, si la représentation du génie solitaire féminin dans The Queen’s Gambit subvertit l’une ou l’autre caractéristiques du stéréotype, elle est aussi en grande partie montrée comme un fantasme.

Entre génie solitaire romantique et super-héroïne

Beth fait penser à un avatar récent du génie solitaire masculin : Sherlock Holmes (Benedict Cumberbatch) dans la série Sherlock (BBC, 2010-2017). Comme le détective anglais, Beth a un talent naturel si puissant qu’il est presque surnaturel. Jeune orpheline qui vient d’apprendre les échecs avec un concierge, elle bat toute l’équipe d’échecs du lycée local, seule face à une douzaine de garçons. Comme Sherlock, The Queen’s Gambit utilise des images fantastiques pour décrire le fonctionnement de son esprit, comme si Beth vivait dans une réalité mentale différente de celle des gens « normaux ». De plus, comme Sherlock, sa quête de victoire est obsessionnelle, son génie est dévorant et elle a des tendances antisociales. Elle communique d’une manière brutale et sans filtre, sans se soucier des sentiments des autres. Et elle ne s’intègre pas à ses pair·e·s : en tant que jeune fille, elle préfère parcourir les combinaisons d’échecs ou boire seule plutôt que d’aller à des fêtes ou parler de garçons.

Comme beaucoup de génies solitaires, Beth a un côté sombre : dans son cas, des problèmes de santé mentale. Elle consomme quantités d’alcool et de pilules et est hantée par un traumatisme fondateur – le suicide de sa mère en provoquant un accident avec Beth dans la voiture. Enfin, le génie solitaire doit généralement payer un prix personnel élevé pour atteindre la grandeur qu’il/elle recherche. Cet élément du mythe est dans le nom même de la série et représente Beth : l’ouverture d’échecs appelée the queen’s gambit se concentre autour de la seule pièce résolument féminine du plateau (la reine) et le mouvement nécessite l’abandon d’un pion. Bien que cette métaphore soit plus subtile dans la série, le livre original (de Walter Tevis, 1983) indique clairement que cette tactique reflète les sacrifices personnels que Beth doit faire pour devenir la meilleure joueuse d’échecs au monde.
Les génies solitaires sont une sorte de super-héros, mais il y a une raison plus profonde et plus personnelle expliquant notre fascination pour eux – leur manière distincte de comprendre le monde les met souvent en conflit avec les personnages qui les entourent, les faisant passer pour des outsiders, créant ainsi un mythe facilement identifiable pour quiconque s’est un jour senti incompris ou en déconnexion sociale. L’habileté de The Queen’s Gambit est de combiner à la fois la puissance du super-héros et le romantisme du génie solitaire pour plaire à des publics différents, au-delà du public féminin évidemment.

Subvertir un mythe…

The Queen’s Gambit apporte pourtant des nuances à plusieurs traits du stéréotype. Comme beaucoup de génies solitaires, Beth est très autonome. Ayant grandi orpheline, elle s’élève pour ainsi dire seule et apprend elle-même à devenir maître des échecs. Mais son autonomie n’a pas que des effets positifs : elle repousse les gens qui essaient de la soutenir et son désir d’atteindre le succès dans l’isolement complet est décrit comme une faiblesse. Bien qu’elle soit déterminée à battre d’autres joueurs, elle apprend davantage en collaborant avec eux. Après chaque défaite, elle rebondit avec l’aide d’un ami qui n’est pas aussi doué pour les échecs, mais qui lui offre une autre perspective, un entraînement ou simplement sa compagnie. La faiblesse de Beth renvoie à une faiblesse américaine plus générale – une croyance bornée en l’individualisme au détriment de la solidarité. Dans l’épisode final, Beth bat le champion du monde après avoir accepté l’aide de ses anciens adversaires qui l’aident à élaborer des stratégies. Ceci sape le principe le plus fondamental du mythe du génie solitaire : son isolement dans une tour d’ivoire.

Deuxièmement, la série démystifie l’idée que les troubles mentaux vont de pair avec le génie. C’est un thème récurrent que les génies solitaires perdent la raison à force de dévouement à leur vocation, à leur art ou à leur quête. Pourtant, la série rejette cette hypothèse et détaille la manière dont les comportements toxiques de Beth sont acquis et non innés. Enfant, elle a appris à gérer son trouble post-traumatique en prenant des tranquillisants. Après avoir observé sa mère adoptive boire pour faire face à la douleur, elle lui emboîte le pas, et la méchanceté qu’elle montre dans beaucoup de ses relations font écho au comportement de sa mère biologique, qui a appris à Beth à ne faire confiance à personne, avant de l’abandonner. Les habitudes autodestructrices de Beth ne sont donc pas causées par son génie, mais son génie est plutôt un refuge face au chaos de son environnement.

De même, la série rejette l’idée que le génie est lié à un dysfonctionnement. Beth le croit elle-même (« les pilules, l’alcool… j’ai besoin d’un esprit trouble pour gagner, je ne peux pas visualiser les parties sans cela »), mais elle atteint un sentiment de calme et de paix davantage dans la concentration requise lors d’une partie d’échecs. Afin d’atteindre cet état mental serein, Beth doit passer beaucoup de temps à travailler, étudier et s’entraîner. De cette façon, la série met à mal un quatrième élément du mythe du génie solitaire : l’idée que le talent n’a pas besoin d’être développé ou amélioré. Bien que l’immense don de Beth soit inné, elle ne peut pas devenir la meilleure dans son domaine sans ses milliers d’heures de pratique. Elle gagne quand elle daigne apprendre les tactiques de son adversaire. Ainsi, Beth arrive à la hauteur de son génie grâce à la collaboration, au travail acharné et à la gestion de son addiction.

… pour mieux le renforcer

Pourtant, si Beth était censée nous apparaître comme une vraie personne, la série faillit à son objectif. Le personnage incarne plutôt un fantasme de génie féminin, basé sur un modèle masculin, sous une apparence féminine attrayante. Le plus grand problème avec le personnage n’est pas tant comment elle agit, mais comment le monde qui l’entoure réagit à son comportement. En effet, les spectateurs comprennent le personnage du génie solitaire aussi via la façon dont les gens interagissent avec lui/elle, la façon dont ils acceptent leur génie comme légitime. Et les amis, acolytes ou partenaire amoureux, fournissent un soutien émotionnel considérable à notre protagoniste sans rien recevoir en retour – sauf l’honneur d’aider ledit génie et de le côtoyer.

Lorsque ce modèle est appliqué à Beth, le résultat est absurde [2]. Épisode après épisode, les hommes que Beth a battus aux échecs, rejetés romantiquement ou même repoussés en tant qu’amis, reviennent passer des heures, des jours et des semaines à l’aider, apparemment sans rien attendre en retour. Le dernier épisode est un sommet d’invraisemblance, lorsque tous ces hommes se regroupent pour l’aider à battre son adversaire russe et devenir championne du monde. La série se clôture même avec une horde d’hommes russes anonymes rassemblés autour de Beth, admirant son talent. Il est donc clair que le personnage de Beth a été créé sans grande considération pour les vraies réactions auxquelles les femmes sont confrontées lorsque les hommes se sentent menacés par leurs compétences ou leur talent.

La série aborde le sexisme ambivalent (ou sexisme bienveillant) que Beth rejette rapidement : elle se moque même du besoin de certains hommes d’expliquer à une femme qui les a battus comment elle y est parvenue, le fameux mansplaining (de l’anglais « man », homme, et « explaining », explication), concept féministe né dans les années 2010 qui désigne une situation où un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, voire dont elle est experte, sur un ton potentiellement paternaliste ou condescendant). Mais nous ne voyons pas Beth freinée dans son avancée en raison de son genre.

Pourtant, dans le monde réel, presque tous les grands maîtres d’échec sont des hommes, il n’y a jamais eu de championne du monde, et la proportion de joueuses d’échecs hautement classées est très faible [3] . Les femmes sont poussées hors des échecs par des facteurs sociaux systémiques qui n’atteignent pas Beth. Or, faut-il encore le dire, les femmes qui excellent dans le monde des échecs, comme dans d’autres secteurs compétitifs dominés par les hommes, sont souvent confrontées à leur suspicion et à leur colère [4]. Loin de refléter cette réalité, The Queen’s Gambit dépeint les hommes tels que nous souhaiterions qu’ils agissent. Quand les personnages de fiction personnifient souvent des idéaux auxquels nous aspirons, comme par exemple des hommes ouverts d’esprit et émotionnellement attentifs, il s’agit de contrecarrer les récits machistes dominants. Mais la manière totalement irréaliste dont la société répond au génie de Beth dans les années 1960, ou même selon nos normes contemporaines, est discutable, car cela suggère que les femmes, pour vaincre le sexisme, n’ont qu’à être suffisamment talentueuses dans ce que qu’elles entreprennent.

La série faillit à reconnaître la chape de plomb systémique du sexisme. Elle manque l’occasion d’examiner les expériences réelles de femmes bloquées par des hommes puissants et/ou par une structure qui les exclut. Beth est un également un fantasme masculin par le standard de beauté auquel elle se conforme tout au long de la série.

Certains génies masculins peuvent être séduisants bien sûr (voir le plébiscite dont « bénéficie » Cumberbatch/Sherlock après de ses fans féminines), mais ils n’ont pas l’obligation d’être physiquement irréprochables à tous moments. Leurs bizarreries et leurs imperfections physiques se lisent comme des expressions de leur personnalité ; leur look négligé est le signe qu’ils se concentrent sur des questions plus importantes que l’apparence. Même quand Beth perd pied dans un cercle vicieux alimenté par la drogue et l’alcool (épisode 6), ses cheveux sont impeccablement coiffés, ses jambes sont lisses et elle porte des vêtements sexy parfaitement ajustés (chemisette, petite culotte en dentelle, cardigan à la mode).

Au cours des sept heures consacrées à cette étude de cas sur la dépendance et le traumatisme, nous ne voyons jamais Beth diverger d’une esthétique qui séduit le regard masculin [5]. Arborant un style vestimentaire glamour digne d’une icône de mode, Beth est davantage un fantasme qu’une vraie femme.

En fin de compte, en déplaçant les traits d’un mythe historiquement masculin sur une femme, The Queen’s Gambit révèle le caractère toxique du stéréotype du génie solitaire. L’égalité des genres ne consiste pas à faire agir les femmes comme des hommes. Mais, bien que la série ne soit pas à la hauteur de nos attentes féministes, elle nous incite à nous demander à quoi pourrait ressembler le génie féminin s’il n’était pas façonné selon un modèle masculin… Une poignée de séries ont exploré des histoires de femmes brillantes, en particulier dans un contexte criminel, judiciaire ou scientifique (elles sont détective, inspecteur de police, espionne, anthropologue, avocate, médecin) : Miss Marple (Grande-Bretagne, BBC One, 1984-1992), Bones (USA, FOX, 2005-2017), Grey’s Anatomy (USA, ABC, 2005, pour le personnage de Cristina Yang), Bron (Suède, SVT1, 2011-2018) et la version américaine The Bridge (FX, 2013-2014), Homeland (USA, Showtime, 2011-2020) et Vera (Grande-Bretagne, ITV, 2011-). Beth de The Queen’s Gambit représente donc une exception de par son activité professionnelle, beaucoup moins par sa race (ces femmes sont le plus souvent blanches). Ces séries mettent en avant la réalité complexe, pas toujours glamour, du génie féminin, mais ces représentations sont encore trop rares.


>>générique


Polémiquons.

  • IL y a d’autres modèles que celui du "génie" à l’oeuvre dans ce récit... Ainsi c’est aussi une histoire d’orpheline... et peut-être faudrait-il s’intéresser un peu à David Copperfield, par exemple... On pourrait aussi penser aux films de boxe... Et Queen Gambit pourrait être comparé à "Million dollar baby"... par exemple (en élargissant le cadre des comparaisons on pourrait je crois complexifier l’analyse).
    La genèse de la personnalité de l’héroïne n’est pas seulement dans la révolte solitaire ou le refuge dans l’hyper intellectualité... Elle sait aussi se trouver un allié (figure grand-paternelle du gardien dans la première période, à laquelle les grands-pères russes joueurs d’échec de parcs publics font écho), et des alliées : sa mère adoptive, dont elle assure l’affranchissement de l’esclavage économique à un mari cynique et sans scrupules, et dont elle sait s’assurer, pragmatiquement mais aussi affectueusement, le concours pratique. Son amie d’enfance, orpheline révoltée elle aussi, dont la trajectoire socéconomique, via le droit, mérite d’être observée, prendra le pari final qui permettra à Beth de triompher. Pari gagnant d’une jeune femme sur son amie d’enfance, qui permet la victoire finale (alors que les propagandistes bigots lâchent la jeune femme moins prête à se compromettre avec eux qu’un champion masculin). Le "Président" des USA, et la machine de propagande américaine se refuse à la jeune prodige, alors qu’auparavant elle se mettait au service des champions masculin. Ils viennent ensuite au secours de la victoire, espérant en récolter les bénéfices stratégiques, mais la jeune héroïne leur glisse entre les doigts, préférant le plaisir simple du jeu dans les parc publics... On peut noter aussi que toute l’ascension, partie après partie, du grand tournoi final est accompagnée par de nombreuses supportrices russes, la foule à la sortie du palais est presqu’exclusivement féminine jusqu’au récultat final. La dernière partie a bien un public principalement masculin... qui reflète la réalité des pratiques culturelles des joeurs d’échec russe. Leur machisme s’efface devant la beauté du jeu... On peut espérer que c’est bien ce qui se passera le jour de nombreuses génies de l’échiquier trouveront enfin leur place dans la réalité... comme Beth se la conquière dans la fiction.
    Faut-il juger "invraisemblables" les personnages masculins qui une fois vaincus aux échecs ou rabroués sentimentalement se prennent quand même au jeu de l’amitié désintéressée et font tout pour rester dans l’aventure et participer de la victoire finale... C’est peut-être méconnaître que l’on peut vraiment être passionné par le jeu d’échec et que cette passion peut faire surmonter quelques blessures narcissiques et symboliques, même chez de simples personnages masculins... Enfin le personnage du héros génial et solitaire est-il nécessairement "toxique", comme vous le dites ? Que signifie exactement qu’un personnage soit "toxique" ?
    Dans le récit, Beth n’est toxique pour personne. Elle agrémente la vie de son vieux gardien, elle relève le niveau des compétitions locales d’échecs, elle remet les idées en place de quelques machistes stéréotypés, elle aide sa mère adoptive à s’émanciper économiquement, elle trouve le moyen de bien gagner sa vie sans faire de tort à personne, elle ne laisse personne s’installer en position paternaliste avec elle, elle ne se fait pas complice de la propagande bigote. Il apparait clairement que sa vocation n’est pas celle de l’épouse américaine conforme... Elle permet donc à ses divers partenaires masculins de s’affranchir de leurs préjugés... Le personnage est, effectivement, à certaines périodes auto-destructeur - donc toxique pour elle-même, mais... il s’agit des séquelles de l’oppression subie à l’orphelinat. Le regret que l’on peut surtout éprouver, c’est que le personnage soit à ce jour peu "vraisemblable"... Il faut cependant considérer que tout grand maître d’échec est exceptionnel (le). Qu’elle soit une femme ajouterait un peu à l’exception... sans doute. Mais de toute façon le personnage a une dimension invraisemblable... Et pourtant il y a des grands maîtres. On peut avoir l’impression que l’un des modèles suivi par les scénaristes soit celui de Bobby Fischer... Personnage tout à fait unique dans l’histoire des échecs... Comme le seront les grandes maîtres féminines que nous ne pouvons qu’espérer voir gagner les compétitions d’échecs en grand nombre. Espérons qu’un jour il ne sera plus nécessaire d’imaginer que pour cela il faille surmonter autant d’obstacles que les scénaristes en ont mis sur le chemin de Beth...

  • Bonjour,

    Merci pour votre commentaire et votre analyse.

    Oui, tout à fait, les films de boxe (le genre du film sportif en général) font une belle comparaison. Il y a toujours cette tension entre l’exceptionnalité et la tragédie, qui n’est pas propre aux héroïnes d’ailleurs. Mais très souvent les héroïnes rencontrent une fin tragique. Ce n’est pas le cas de Beth et j’ai beaucoup aimé la série à cet égard. C’est d’ailleurs ce qui fait, selon moi, une bonne série :) On peut en apprécier pleins d’aspects et toujours se montrer critique.
    J’ai donc en effet beaucoup aimé la relation avec sa mère adoptive et je me suis retrouvée confrontée à mes propres clichés (mère adoptive acariâtre et brutale) car j’attendais le moment où elle allait voler ses gains, la frapper, la rabrouer, que sais-je encore ?!, mais il n’en était finalement rien et j’en étais pour mes frais ! Dommage qu’elle meurt...
    Pour moi le personnage de Jolene n’est pas du tout assez développé et constitue le gros point faible de la série (cela m’a franchement déçu). Comme dit dans la note 2, pour moi elle s’apparente clairement au stéréotype raciste du "magical negro".
    Je pense avoir expliqué en quoi la série réécrit justement certaines idées attendues du génie solitaire habituellement masculin et en quoi la narration se retrouve aussi confrontée à ses propres limites (et je vous rejoins dans la plupart de votre analyse : les spectatrices russes, on peut espérer que la beauté du jeu l’emportera uniquement à l’avenir, etc). Et vous répondez à votre propre question : Beth est toxique pour elle-même :) Au contraire justement des génies solitaires masculins qui sont non seulement toxiques pour eux-mêmes, mais aussi et surtout pour leur entourage (selon moi). Ils ont souvent des mots très durs à l’encontre de leurs proches et se trouvent rarement confrontés aux conséquences de leurs actes.

    Au plaisir d’échanger encore avec vous à l’avenir,
    Marion

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[1The Queen’s Gambit est devenue le programme le plus regardé de Netflix dans 63 pays et sa série la plus regardée (Friedlander, Peter (2020). « From the ‘Queen’s Gambit’ to a Record-Setting Checkmate », Netflix, 23 novembre. La série a grandement contribué au « boom » des échecs, déjà favorisé par la pandémie de Covid-19, mesuré par les parties d’échecs en ligne, ainsi que par les ventes de jeux d’échecs et d’accessoires.

[2Il est également raciste : l’amie d’enfance de Beth, Jolene (Moses Ingram) est noire (la seule de la distribution) qui intervient uniquement en soutien à Beth, répondant parfaitement à la définition du « nègre magique » (« magical negro »).Son personnage est totalement instrumentalisé (Oladipo, Gloria (2020).

The Missed “Magical Negro” Trope in “The Queen’s Gambit”, Bitchmedia, 25 novembre ; Hughey, Matthew W. (2009).

Cinethetic Racism : White Redemption and Black Stereotypes in “Magical Negro” Films, Social Problems, 56 : 3, pp. 543-577).

[3Olité, Marion (2020), Vidéo : on a décrypté Le Jeu de la Dame avec une championne d’échecs, Konbini, 13 novembre

[4Quand Anna Rudolf a obtenu son titre de maître international d’échec, elle a été accusée abusivement par plusieurs joueurs de tricherie pour avoir utilisé son baume à lèvres comme outil de communication (McClain, Dylan Loeb (2008). Latvians Say Foe Got Signals From Her Tube of Lip Balm, The New York Times, 13 janvier

[5Sarah Miller dans sa critique du New Yorker arguait que la beauté et la glamoureuse présentation de l’actrice et la confiance qui en résulte sont une trahison du propos même de l’œuvre littéraire originale. La protagoniste y est décrite comme « laide » et elle acquiert confiance en elle et en son corps en devenant meilleure aux échecs. (Miller, Sarah (2020). [The Fatal Flaw of “The Queen’s Gambit”, The New Yorker, 1er décembre