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The Young Lady

William Oldroyd / 2016

>> Geneviève Sellier  

Publié le vendredi 21 avril 2017



Je ne connais pas la nouvelle de l’auteur russe du XIXe siècle Nikolaï Leskov, la Lady Macbeth du district de Mtsensk, dont le film de William Oldroyd est l’adaptation, mais j’ai un peu du mal à partager l’enthousiasme de la critique cinéphilique pour cette énième histoire de femme criminelle par concupiscence sexuelle…

Une jeune femme dont on comprendra qu’elle a été vendue par son père pour quelques arpents de mauvaise terre, se retrouve enfermée dans un sinistre manoir entourée de landes venteuses, livrée à la brutalité d’un mari apparemment impuissant (il se masturbe en la reluquant nue tournée contre le mur de la chambre conjugale) et d’un beau-père qui la tyrannise pour lui faire tenir son rang tout en lui reprochant de ne pas accomplir son devoir conjugal !

On ne saura pas ce qui explique que cette jeune femme soit aussi maltraitée, sinon pour justifier la suite : elle empoisonne son beau-père avec des champignons, se jette sur le palefrenier avec une furie sexuelle qui finit par effrayer le pauvre bougre qu’elle utilise pour tuer son mari à coups de tisonnier, avant d’étouffer l’héritier présomptif (un petit bâtard métisse que son mari a engendré avant de se marier) toujours avec la complicité du palefrenier, qu’elle finit par accuser quand il la trahit.

Ça finirait par ressembler furieusement à du grand guignol, si ce n’était la beauté des images, comme on dit chez les cinéphiles…


grr générique


2 commentaires

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  • Mais voilà un curieux destin planétaire de Lady Macbeth ! Celle de Msensk n’ayant qu’une lointaine parenté avec celle de Shakespeare. Transplanter Katerina dans l’Angleterre de 1865 (date de la Lady de Leskov) ? Soyons cuistre : dystopie. Qu’a à voir la campagne anglaise du XIXe siècle avec la bourgade russe à peine sortie du régime du servage ? Contextes politique, social, culturel, religieux : probablement peu de points de convergence. Restent alors l’anecdote et la fascination banale (et jalouse ?) pour les "serial killeuses".
    Curieux itinéraire de la Lady : en a-t-elle vu, du pays ! Adoptée et chantée par Chostakovitch dans un opéra interdit de séjour en URSS pendant trente ans ("de la boue", aurait dit Staline) ; adoptée, exilée et filmée en Yougoslavie par Wajda sous le pseudonyme de Lady Macbeth sibérienne (1961, histoire de lancer un "scud" cinématographique aux soviétiques) ; remise à l’honneur en 1989 à Moscou dans des scènes quasi "hamiltoniennes" par Roman Balaïan (http://cinema.mosfilm.ru/films/film/1980-1989/ledi-makbet-mtsenskogo-uezda/)... Il serait peut-être temps de la laisser tuer en paix ?

  • Merci de cet éclairage sur ce film, en attendant de pouvoir le voir, intéressant de repérer de la discussion.
    Entre le roman de Leskov et "The young lady", cette histoire semble avoir eu déjà quelques avatars.Dont un fort prestigieux, opéra de Chostakovitch, qui eut l’honneur de contrarier Staline, plus pour son désordre musical que pour son contenu. on peut s’en faire une idée ici : https://www.youtube.com/watch?v=ldRJQfES8hA
    Rivaliser avec Chostakovitch, un défi de cinéaste... Vous semblez dire qu’il aurait pu être mieux relevé...